Dans un grand boeing bleu de mer

Pour un an à Montréal

30 mars 2006

Clopin, clopant, clopons

Bon l’exil ne guérit pas de tous les vices (et je pense même qu’il en rajoute…) je dois avouer que je n’ai pas arrêté de fumer. J’ai diminué de moitié certes, mais pas arrêté. Et pourtant tout est fait pour vous dégoûter… enfin presque. Parce que parfois c’est raté. J’avoue que fumer ici vous met parfois mal à l’aise même dans la rue. Qui plus est, il va bientôt être interdit de fumer dans les bars, les restaurants et les discothèques. Voici donc ce que je vois tous les jours sur mon paquet de cigarettes, une petite compilation de très bon goût.

Poète avec ça : j’en ai le cœur tout chaviré !

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Pour les sportifs comme moi !

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M’en fous, j’en ai pas !

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Même pas peur…

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Parce que je suis généreux, c’est tout.

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Moralité, y’a pas beaucoup de meurtres au Canada, mais ça Michael Moore nous l’avait déjà dit !

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M’en fous, moi j’ai les dents du bonheur !

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Et si on a pas de cerveau ?

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Apprends à viser le cendrier… ou à le vider de temps en temps !

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Même pas vrai… Faut-il que je vous le prouve ?

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Qui dit fumée, dit feu avant tout !

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Deux claques et au lit. C’est quand même fou, on vous répète depuis des années de faire ce qu’on dit et pas ce qu’on fait !

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Mortelle si on fout le feu à la table ou au cendrier et donc à la maison! Pour la dernière fois : videz ce cendrier tabernac!

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Alors anti-fumeurs confirmés en tout genre, je vous informe que ce sont les fumeurs qui ont fini de payer le stade olympique de Montréal,. Alors aucun commentaire, sinon pas de visite. Et puis dites vous que d'ici quelques semaines, il sera définitivement interdit de fumer dans les bars et les boites. Allez je vous laisse, je vais en fumer une.

Fred nuit à votre santé et à celle de votre entourage mais c’est tellement bon !

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27 mars 2006

Taiko, Rawdon et tube

Et une fin de semaine de plus. Et une fin de semaine de moins. Ca va trop vite… Et en plus, ça y est j’ai fait la bascule. Alors je vois déjà les mauvaises langues et les esprits pervers penser à des choses que la morale m’interdit d’écrire. Détrompez vous, ici tout le monde fait la bascule, oui tout le monde. A l’échelle de la semaine, c’est le mercredi midi, plus que la moitié. Et bien à l’échelle de l’année, ça y est, j’ai passé la moitié de mon séjour ici.

Cette fin de semaine a encore été chargée. Samedi en fin d’après midi, Maïté nous a proposé d’assister à une démonstration de Taïko. Elle pratique depuis quelques temps cette activité à classer entre sport et musique. Mais ce n’est pas elle qu’on est allé voir mais un groupe de jeunes japonais(es) en visite au Canada pour quelques jours. Dans ma grande inculture j’avoue que je ne connaissais pas du tout le Taïko et je dois reconnaître que je suis bluffé par ce que j’ai vu. Il s’agit donc de percussions (des tambours de toutes les tailles dont un énorme) sur lesquels les joueurs tapent avec de gros bâtons en bois. Le groupe de lycéens que l’on a vu (16 ans en moyenne) s’entraîne 2h par jour, tous les jours de l’année et on comprend pourquoi. Il y a toute une chorégraphie avec les bâtons, et sur certains morceaux, certain(e)s jouent couchés en appui sur les abdos. Bon ma description est très simplifiée mais à voir comme ils terminent en sueur, c’est hyper physique. Et maintenant j’attends de voir une démonstration de Taïko par Maïté. Ensuite pizzeria dans le quartier italien et retour …

Dimanche, on est parti avec Laurence et Alex pour Rawdon, à 1h30 au nord de Montréal où travaille Delphine depuis quelques mois maintenant. Entre traîneaux à chiens, pêche blanche, séjour en yourte mongole, balade en raquettes, la miss gère les inscriptions, les activités, les yourtes… Bref sacré boulot, isolé au milieu de nulle part dans un paysage superbe, entourée d’une meute de chiens. Ca a été l’occasion pour nous d’aller nous balader au dessus du lac Morgan et pour moi de tester encore les raquettes mais cette fois version moderne. Beaucoup moins de charme mais tout aussi efficace (en montée, parce qu’en descente !!). Grand soleil, superbe point de vue et un certain don d'ubiquité.

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Et puis nous avons terminé l’après-midi comme des enfants par des glissades mais, cette fois-ci, sur d’énormes bouées. A côté du chalet où travaille Delphine, se trouve une colonie de vacances et des descentes en tube ont été aménagées. La saison d’hiver se termine mais ils avaient laissé les bouées et la piste était encore praticable. Bref on était seul à faire les cons et c’était excellent.

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Il fallait juste gérer un peu l’arrivée en bas de la piste. C’est-à-dire le tournant version bobsleigh sur la paroi et surtout la petite rivière juste après le virage. Au début, pas de problème, la piste n’était pas encore très rapide mais après quelques passages, les bouées se sont mises à aller de plus en plus vite et de plus en plus loin jusqu’à la descente qui a sonné la fin de l’activité glissade et le retour au bercail : Trio de bouées : Delph devant, Alex au milieu et Lolo derrière. Magnifique départ, belle gestion des bosses en milieu de parcours, virage avant la fin de la descente négocié de justesse mais négocié quand même et là c’est le drame, Pleine vitesse, aucun freinage et droit dans la petite rivière. Bilan de la descente Delphine dans l’eau jusqu’aux genoux et les autres, heureux de pas être passés devant, juste un peu mouillés, coincés dans les bouées. Bref grand moment que je n’ai pas pu filmer vu que j’étais avant le virage. Dommage. Mais voilà le résultat :


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Fred accro à la neige

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24 mars 2006

Bec sucré

Le redoux durant la journée et les gelées nocturnes annoncent que le temps des sucres est enfin arrivé. Les érables se réveillent et la sève circule à nouveau. La récolte de l’eau d’érable (sève) a donc commencé. Pour cela, on plante (version traditionnelle) un chalumeau dans le tronc qui va permettre de récupérer la sève et ensuite direction l’évaporateur où elle est chauffée pour permettre à l’eau de s’évaporer afin de fabriquer le fameux sirop d’érable. Je vous passe les détails du style « selon le temps de cuisson, la température, on obtient différents produits qui se distinguent par leurs teneurs en sucre: sirop, beurre, sucre mou, sucre dur… » pour arriver à l’essentiel. Avec le labo, on est allé manger dans une cabane à sucre, on s'est sucré le bec comme on dit ici. C’est une cabane, tranquille, au milieu d’une érablière où on peut assister à la fabrication du sirop du début à la fin (et traîner son nez au dessus des évaporateurs est un bonheur. On sent d’ailleurs très bien les différences selon les stades de l’évaporation) mais aussi se balader dans l’érablière pour voir comment se passe la récolte (à l’ancienne m’sieurs dames) et bien entendu se bâfrer comme des porcs. Le menu est presque partout le même à quelques variantes prêts : Soupe aux pois, creton, betterave rouge, cornichons, céleri, salade de choux, pommes de terre bouillies, oreilles de crisse, omelette, saucisses, jambon fumé, fèves au lard, crêpes et tarte au sucre. Le tout, bien entendu, à volonté et copieusement arrosé, de l’entrée au dessert, de sirop d’érable, avec une mention spéciale pour les crêpes qui étaient excellentes. Et pour finir tout ça, parce qu’il reste toujours quelques centimètres carrés de libre dans l’estomac : La Tire. C’est un sirop d’érable chaud que l’on fait couler sur la neige et que l’on vient récupérer sur un petit bâton comme une sucette. C’est délicieux mais fatal : le coup de grâce. Heureusement que je suis allé prendre quelques photos dans l’érablière avant le repas car ensuite il ne reste plus qu’à se traîner jusqu’à la voiture et à somnoler devant son ordinateur jusqu’à ce que le corps élimine les excès. Je vous laisse voir les photos.

Fred en hyperglycémie

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23 mars 2006

Allo docteur… J’entends des mouettes.

Oui depuis quelques jours maintenant j’entends des mouettes. J’vous jure. Le printemps serait-il de retour pour de bon. Après un samedi à +11°C il y a deux semaines, un retour au températures négatives et à la neige, on repasse dans le positif. Aujourd’hui, quelque chose comme 8/10°C. Le bonheur ! On laisse tomber, bonnet, écharpe, gants et doublure en polaire. J’avais déjà connu ce phénomène il y a quelques semaines alors qu’on était brutalement passé de –15 à 0°C. Comme tout est relatif, passer de 0 à +15°C, c’est comme passer de -15 à 0°C, c’est toujours 15°C de gagnés.  J’avais donc abandonné tous mes accessoires de mode. Oui ce sont des accessoires de mode, de mode hivernale certes, mais de mode quand même. Bon j’avais vite repris mes habitudes. Et bien ça recommence, aux détails prêts que cette fois-ci le printemps est officiellement arrivé (sur le calendrier tout du moins) et que, je me répète, j’entends des mouettes. Que c’est agréable de partir au boulot sous les cris des mouettes ou de volatiles qui leur ressemblent (on va dire des mouettes de fleuve !). Bon, chat échaudé craint l’eau froide, je me méfie des caprices de la météo locale alors je ne remise pas encore mes accessoires.

Même ma voisine hésite entre ces moon-boots et ses bottes en cuir. Mais une chose est sûre, ce sera blanc!!


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Fred qui sort de sa caverne (qui a dit taverne ?)

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19 mars 2006

Végétalien… Mouais bon…

Mais quelle idée… Samedi en fin d’après midi, je passe chez Lolo et je lui propose d’aller au restaurant. Elle m’avait parlé d’un resto végétalien où on avait déjà failli aller il y a quelques temps et le jour même quelqu’un m’en avait aussi parlé : Aux Vivres ! A force d’en entendre parler, il fallait bien y aller. Aux-dires de Laurence, la resto était super sympa et la bouffe originale. Sauf que le resto a fermé et vient tout juste de rouvrir après quelques modifications. Ben fallait pas. Bon alors, jusqu’à présent, j’avais rien contre les végétariens, j’en tolérais même dans mon entourage… C’est dire ! (Bonjour John & Maïté, salut Jacques, je plaisante, bien entendu mais ai-je besoin de le préciser ?) Mais là, je fais me fâcher tout vert !!! Bon d’accord faut pas généraliser (Pourtant on appelle ça le principe de précaution, quand un poulet a la grippe aviaire, on abat l’élevage au complet…) Bref, je m’explique. On arrive au resto et on nous place à une table en plein courant d’air : Ambiance salle de restaurant universitaire, tables en formica, pavés blancs par terre, sièges en bois et murs blancs. Côté déco, minimaliste : trois plantes vertes et quelques tableaux beiges sur fond blanc ! Bon passons sur la déco un peu froide. Le menu. Ben je m’attendais à quelque chose d’original, qui allait me réconcilier avec les légumes ! C’est pas que je sois fâché avec, au contraire, j’en mange plus que jamais depuis que je suis ici, mais bon l’appel de la bavette est toujours le plus fort. Aucune originalité, ni dans les mélanges, ni dans la présentation. Humous, tapenade, salades, cari de pois chiches avec du riz (comme un cari normal mais sans l’agneau)… bof bof bof. A ça, on ajoute une demi heure entre chaque plat, obligé de demander deux verres d’eau, cinq bouts de pains pour les tartinades, un dessert qui n’arrivera jamais et une coupure de courant du plat principal jusqu’à ce qu’on parte (bon d’accord, ils n’y sont pour rien, mais ça n’aide pas). Bon certes, c’était correct au niveau de la bouffe mais vraiment aucun intérêt, aucune découverte, aucune originalité. Le pire c’est que je crois que ça a réveillé chez nous une frustration totale. L’absence créant le manque, à partir du moment où on s’est retrouvé à notre table, on s’est mis à parler de viande, sans s’en rendre compte au début, énumérant les restaurants, les auberges de campagne avec des repas gargantuesques, jusqu’à ce que Laurence se mette à aborder le thème du foie gras, la bave aux lèvres. Et là on a réalisé qu’on était certainement en train de parler à voix haute de l’intolérable, du summum de l’anti-végétalien en plein milieu du resto. Fou rire monstrueux.

Sinon j’ai croisé un étrange personnage sur Sainte Catherine. Un homme sandwich, appuyé sur un horodateur avec un panneau qui disait : « Je veux voir des femmes avec de gros seins au cinéma », avec la photo d’un femme nue, très plantureuse, les seins cachés par un sticker « censuré ». Enigmatique !

Fred végétar(l)ien à convaincre ! Pour les gros seins, perso, je m’en fous !

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13 mars 2006

Keskizonkonapa 3ieme

1)     Des chasse-neige(s)… Bon ça on a, mais des chasse-neige(s) sur les trottoirs, ça on a pas où alors dans des contrées françaises très reculées que je n’ai pas encore exploré. Résultat, aux panneaux classiques et déjà compliqués du stationnement, vient s’ajouter un petit nouveau, interdisant de stationner certains jours, en raison du déneigement. Bon en même temps, la neige, en ce moment se fait rare. Un samedi à + 11°C a eu raison du peu de neige qui restait dans les rues. On a bien eu une petite chute cette semaine mais ça n'a pas suffit! Le chasse neige est resté dans son petit garage.

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2)     Des SAQ : Société des Alcools Québécois. C’est là que je vais lorsque je veux acheter mon vin ou mon rhum. Comme un caviste français, la SAQ est en fait une société d’état mandatée pour le commerce des alcools. On en trouve un peu partout dans Montréal, de la SAQ classique à la SAQ express, en passant par les SAQ Sélection et Signature où l’on trouve les bouteilles les plus chères et on y trouve de tout, du vin californien au côte de Blaye en passant pas la bière ou la vodka. On trouve aussi un peu d’alcool en supermarché ou chez les dépanneurs mais c’est essentiellement de la bière et quand il s’agit de vin, il n’est pas très bon et en général plutôt cher. Alors autant si le vin est assez cher ici, autant les alcools forts ne sont pas très chers. Y'a une justice!

3)     En parlant de vin, on trouve ici des restaurants où on apporte son vin. Cette tradition qui a démarré avec les restaurants Grecs, est maintenant très répandue. Certains restaurants ne détenant pas de licence pour vendre de l’alcool, encouragent donc leurs clients à venir avec leurs propres bouteilles de vin. Plutôt sympa comme concept surtout quand on voit le prix du vin.

4)     Des doggy bag !! Bon ça je pourrais pas m’y faire ! Même en partant du fait que tu as payé pour ton plat et qu’il est donc à toi et même en rajoutant le fait que ça évite le gaspillage… je n’y arrive pas. Demander un sac ou une boite au serveur et sortir du resto avec ça à la main… non, je peux pas. N’insistez pas, je peux pas.

5)  Et toujours dans la série alcool: Des recettes de cocktail proposées sur les écrans dans les rames du métro. J’ai vu ça aujourd’hui en rentrant de l’université ! Et tout ça, sans mention légale du genre : « l’abus d’alcool… » Alors comme c’est légal, ben je bois !

Fred qui va acheter une bière à la SAQ et picoler dans sa rame de métro.

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10 mars 2006

L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne

Mais qu’est ce qu’il dit ??? Ben il cherchait un titre pour son post et il a pris une phrase d’une chanson d’Ariane Moffatt. Oui, au passage il parle de lui à la troisième personne aujourd’hui. Il fait ce qu’il veut. Non mais.

Bon alors bilan des quelques jours qui viennent de passer. Côté boulot, c’est aussi une histoire de fracture. Il s’explique. Ca va faire quelques jours, voire quelques semaines, qu’il prépare des échantillons. Après avoir essayé d’analyser en vain sa première série d’échantillons qui se sont avérés trop épais pour le microscope électronique à transmission et donc non observables (parce que 3µm, c’est trop épais pour cette saleté de machine, question de référence. Pour un électron, OK c’est épais mais pour des doigts c’est dangereusement petit), il s’est remis à l’ouvrage en essayant de comprendre pourquoi ce foutu Tripod ne donnait pas ce qu’il voulait. Pourquoi à Tours et à Toulouse ça marchait et pourquoi ici ça ne marche pas. Bon il ne va pas rentrer dans les détails bien qu’il ait envie de vous faire partager ses crises de nerfs !! Il vient de passer deux semaines à rater échantillon sur échantillon, à passer des heures à amincir avec précaution ses petits bouts de silicium pour que sur les 3 derniers microns, tout casse sous ses yeux pleins de larmes. Quand je dis des heures, il vous jure que tous ceux qui trouvaient qu’il glandait un peu trop sont vengés, parce qu’il tourne à 10/11h par jour sans compter les transports. Je crois que j’ai compris pourquoi la salle de polissage est au fond d’un couloir, loin de toute âme vivante et surtout loin de tout âme sensible : pour éviter à ces innocents d’entendre les hurlements de rage et les insultes adressées à ces enc… de merd… d’échantillons. Il a même sacré en québécois le p’tit français, hostie, tabernacle (en version littérale, pas en phonétique parce que c’est plus compliqué) ! Et puis il a décidé de ne plus suivre les consignes du mode d’emploi du tripod, pour le faire au feeling et là il a fait une grande découverte : « the micrometers must be advanced of about 20 small divisions », ça veut dire : « reculez les vis micrométriques de 50 divisions ». Cette phrase serait-elle un faux ami en anglais ??? Bref ça marche enfin. Et il est content et comme il est content il va reprendre la première personne pour la suite.

Bon heureusement je me suis accordé quelques petits plaisirs depuis le séjour dans le Charlevoix, sinon je vous jure que j’aurais craqué (non pas craqué, ça me rappelle trop mes échantillons). Samedi dernier, je suis allé voir une pièce de Michel Tremblay au théâtre du nouveau monde : Hosanna. C’était vraiment fabuleux. L’histoire d’un travesti et de son chum dans les années 70. A l’époque, la pièce avait fait scandale . Mais je ne peux pas en dire plus car Laurence va bientôt y aller. Pour la petite histoire, le soir où je lui ai annoncé que j’allais au théâtre, elle m'a demandé innocemment quelle pièce j’allais voir et lorsque je lui ai répondu, je l’ai entendu hurler !!! Elle venait de m’acheter une place pour aller voir la pièce, pour mon anniversaire !! C’est adorable mais elle n'a pas de chance avec les surprises !! C’est la troisième fois qu’elle prévoit une surprise et que, avant même, qu'elle nous l’annonce, on lui coupe l’herbe sous le pied, on devine… Bref, ça veut dire une chose, c’est qu’elle sait ce qui nous fait plaisir.

Et puis hier soir, on est allé voir Ariane Moffatt en concert, avec Laurence et Fabienne (d’où le titre du post !). Alors, pour les français, qui est Ariane Moffatt? Ben c’est elle qui chante en duo avec M dans « La bonne étoile » et elle vient tout juste de faire la première partie de Souchon à l’Olympia. Deuxième album et une pêche d’enfer. Le concert était vraiment excellent. Tout était parfait et elle assure vraiment sur scène.

Rajoutez à ça, des nuits un peu courtes (non je ne suis pas insomniaque !!), un ou deux restos, un passage chez le médecin (j’ai testé le système médical local !), une sortie en boite samedi, des siestes le week end, vous avez là le résumé des deux semaines qui viennent de passer : je suis sur les rotules, c’est trop dur de travailler.

Fred qui se tripode tout seul, le soir dans son local

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02 mars 2006

Bataille dans le Charlevoix

Besoin urgent de neige, envie de gambader dans la poudreuse jusqu’aux genoux… Alors direction la région du Charlevoix pour trois jours.

Une longue fin de semaine avec Laurence, John, Maïté et François (le frère de Maïté en provenance directe de la Belgique pour quelques jours de vacances) aux alentours de Baie Saint Paul, au dessus de Québec, à 4 ou 5h de route de Montréal. Me voilà donc transformé en conducteur de mini van entraînant la colonie franco-belge en week-end dans le nord. Première étape, le centre infotourisme de Baie Saint Paul pour réserver un gîte et prendre quelques infos. Une vue superbe sur la baie, l’île aux Coudres et les montagnes. Par contre, côté accueil, on frôle l’amabilité d’un guichet de la sécurité sociale. La pauvre demoiselle était trop occupée à tchater. Petit arrêt au restaurant « Al Dente » où a été tourné un film avec Philippe Noiret et surtout Bruno Putzuluuuuuuuuuuuuuuuuuh (Père et fils). Je me calme. Bref, quelques pâtes et ensuite balade dans le village de Baie Saint Paul enseveli sous la neige, dans une température glaciale. Alors moi qui voulais de la neige, j’en ai eu. C’est impressionnant. Les gens creusent des tranchées dans la neige pour accéder à leurs maisons qui croulent sous le blanc, de la neige jusqu’aux fenêtres et au-dessus. Mais vous verrez ça sur les photos. Et puis l’arrivée au creux de la baie : Des bateaux en cale sèche, ou plutôt dans la neige eux aussi, une mini banquise et le son étrange des plaques de glace qui s’entrechoquent et qui craquent en dérivant. Un spectacle magnifique.

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Après un petit tour dans le village, direction notre gîte : La Bouclée. Une chambre pour cinq, tout en haut du bâtiment. Accueil très simple et promesse d’un petit déjeuner mémorable. Mais cela ne nous empêche pas d‘aller nous taper une excellente fondue dans le village des Eboulements. Retour au gîte et grosse fatigue dès 22h. Le froid ça calme ! Après une nuit animée pour Laurence et moi (Non ne pensez pas à mal… Paraît-il que je ronfle… teuh teuh teuh), on découvre le paysage qui nous est offert. Exceptionnel : Une vue sur la baie, sur l’île aux Coudres sous un soleil magnifique. Nous voilà prêt pour le petit déjeuner. Bon là je suis obligé de vous décrire l’orgie matinale qui nous attendait : une assiette avec trois sortes de bacon, saucisse, œuf, pain doré (pain perdu), crêpe, fruits, fèves au lard et en buffet : confitures maison, 4 ou 5 pains maisons, fromages, croissants, creton, céréales et j’en oublie ! Comment voulez vous être raisonnable dans ces moments là ? Si vous avez une idée, parce qu’à part se crever les yeux ou se couper les mains, moi je ne vois pas…


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Ensuite nous sommes partis sur l’île aux Coudres. Une descente vertigineuse de 18%, et on embarque sur le traversier qui commence à traverser (comme son nom l’indique) le Saint Laurent en fendant les blocs de glace. Tout était splendide, si on fait abstraction des –18°C et du vent. Petit tours sur l’île en pleine hibernation sous la neige.


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L’après midi, direction le parc naturel des Grands Jardins et là je crie au scandale. Bon c’est pas leur faute mais le parc a brûlé deux fois en 1991 et 1999 et comme c’est un parc naturel de la SEPAQ, ils ont décidé de le laisser se reboiser naturellement. Alors d’un point de vue agricole/ biologique/ sylvicole, ou je ne sais quoi, c’est certainement intéressant de voir une forêt de troncs calcinés, en pleine reconstruction mais d’un point de vue touristique de base (comme nous !!), c’est bof bof. Comme disait Laurence, on dirait une montagne avec des poils. Ceci étant, on a trouvé un petit coin de nature épargné par les flammes et on a fait une balade très sympa en s’enfonçant régulièrement jusqu’aux genoux dans la neige, à tour de rôle à la recherche du fameux gros pin annoncé dans le nom du sentier. Oui sans raquette, c’est du sport la randonnée dans la neige ! Mais c’est pas grave parce qu’on a fait des batailles de boules de neige !!!!!! Yaouhhhh. Bon c’était un peu mon Leitmotiv du séjour : BATAILLE !!!!

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Le soir découverte de notre nouveau gîte et grandiose moment offert par Laurence. Bon faut dire qu’on avait pas été enthousiaste en arrivant suite à un problème de chambre. Mais passons… La dame vient nous voir et nous demande où on était la veille au soir et puis nous dit de nous réserver pour le petit déjeuner maison qu’elle prépare et qui est copieux. On lui dit qu’on était au gîte La Bouclée et Laurence se lance dans une description intégrale du petit déjeuner qu’on avait eu en commençant avec une phrase du style : « Ah ben il nous tarde de voir parce que ce matin c’était énorme. On a eu …………… ». Dans la série, je mets la pression, y’avait pas mieux. Nous on osait plus parler, on imaginait la dame cuisiner toute la nuit. Et Lolo, toute naturelle… Grand moment !

Après une bonne nuit reposante (puisque cette fois j’ai partagé le lit avec François !! Mais je rassure une demoiselle belge qui me lit de temps en temps, c’était en tout bien tout honneur, pour épargner à Lolo mes ronflements que François tolère très bien !) et un petit déjeuner correct (la comparaison fait toujours mal) on est allé faire un tour en haut du massif, La station de ski du Charlevoix, qui domine le Saint Laurent. Mais malheureusement, le temps n’étant pas de la partie, notre vue se limitait à quelques mètres. Pas grave, la suite du programme était excellente puisque certains sont partis pour une balade en traîneaux à chiens (Maïté et François) et les autres pour une randonnée en raquettes, raquettes prêtées par le gîte (bon d’accord le petit dej, ça ne fait pas tout). Une excellente après midi dans les bois avec des raquettes d’époque (me demandez pas quelle époque, mais en tout cas pas des raquettes en plastique !! Non non des raquettes en bois et en babiche tressée (c’est semble t-il de la peau de bête séchée…). C’est une sensation très agréable de marcher dans la neige fraîche. On a l’impression d’avancer sur une moquette épaisse !

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Et enfin retour sur Montréal de nuit. Là je crois qu’on a tous eu notre dose de neige, de blanc, de froid et d’arbres.

Et dire qu’on aurait pu avoir un séjour encore plus trépidant si on avait eu le temps de visiter le Cyclorama de Jérusalem de Sainte Anne de Beauprés (la Lourdes locale), le Centre d’Interprétation du Canard Mulard de la Malbaie ou la ferme aux Emeux de Saint Urbain… Ah que de merveilles que nous avons choisi d’ignorer. Ce qui nous a donne l’idée d’organiser des voyages un peu spéciaux où on ne visiterais que les trucs kitsch d’un pays. Et François nous a même trouvé un slogan : « You’ve seen the best… Now see the rest ». Les idées sont nombreuses et on attend les inscriptions.

Fred l’homme des bois brûlés !

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