Dans un grand boeing bleu de mer

Pour un an à Montréal

30 novembre 2005

Quand on est con, on est con… Le retour

Mais pourquoi c’est toujours pour ma gueule ? Lundi après ma dure journée de travail, je file en ville rejoindre Laurence et Delphine qui étaient allées voir « Va, Vis et Deviens » (toujours et encore, ce film me poursuit) au cinéma Excentris. J’arrive un peu avant la fin du film et je rentre dans le hall du cinéma qui ne ressemble d’ailleurs pas du tout à un cinéma classique. Très design, assez impressionnant. Un mélange de moderne et d’ancien, une architecture originale, beaucoup de fer, de verre, des portes comme des sas de sous-marin, style nautilus… Bref j’aime beaucoup et puis, comme il pleuvait dehors et que je n’avais rien d’autre à faire que d’attendre qu’elles aient fini de pleurer, je fais un tours dans le hall et je vois des hublots avec des écrans télé à l’intérieur. Je m’arrête devant et je commence à regarder ce que je pensais être un écran pour les bandes annonces ou alors une sorte d’exposition, comme dans certains musées d’art moderne. Et le cadre s’y prêtant parfaitement, j’observe. Au bout d’un moment, je vois apparaître une tête sur l’écran. « Ah, ça démarre ! » La personne regarde droit devant mais ne dit rien. Elle sourit, bouge un peu la tête, se tourne vers la droite ou la gauche. J’attends la suite du film… Et puis tout à coup, la demoiselle dans la télé commence à parler et dit : Bonjour. Je ne réagis pas plus que ça. Pas passionnant comme expo mais bon... 30 secondes passent et j’observe toujours. Et c’est quand la demoiselle a répété avec insistance : « Bonjour » et qu’elle a rajouté un truc du style « je peux vous aider » ou « vous voulez un renseignement » que j’ai compris que ce que je prenais pour une expo était en fait la caisse du cinéma et que pour donner un style moderne, ils avaient mis en place ce système d’écran. Là je me suis senti très très con. J’ai dû regarder la caissière avec un air complètement ahuri et j’ai marmonné quelques mots qui ne devaient pas avoir grand sens avant de fuir vers la sortie comme un voleur. Voilà, j’ai passé 1 ou 2 minutes à regarder une caissière droit dans les yeux et à me dire que c’était pas génial comme petit film. Laurence a bien rit de moi mais j’assume.

Fred mateur de caissière

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28 novembre 2005

Biche oh ma biche

Voilà encore une fds bien chargée. Au programme :

Vendredi : soirée des bénévoles du festival Cinémania : Nachos et Sangria.

Samedi : Soirée « Pop 80 » à la Tulipe.

Comme son nom l’indique, la soirée est basée sur les tounes (hits) des années 80. Alors forcément, moi j’adhère. Par contre là où j’adhère moins, c’est la file d’attente. Après une soirée « repas chinois » chez Laurence et Delphine (Delphine étant la belle-sœur de Laurence, tout « fraîchement » débarquée sur Montréal. Je sens qu’elle va pas aimer le mot « belle-sœur »), nous voilà parti vers minuit, à pieds, direction la Tulipe, une salle de concert sur Montréal. Un bon quart d’heure de marche, dans la neige fondue, sur l’avenue Mont Royal, avec mes jolies baskets, déjà ça calme. Ben oui j’allais pas aller danser avec mes grosses godasses (toujours l’éternel dilemme fashion-efficace). Mais arrivé là-bas, on a du attendre 1h15, 1h30 dans le froid, avant de pouvoir rentrer, avec les éternelles pétasses qui arrivent, font de grands sourires au videur et passent devant tout le monde. Je les déteste ! Au début tout allait bien, l’alcool faisait encore son effet mais au fur et à mesure que le temps passait, que la température chutait, le taux d’alcoolémie diminuant, un léger agacement nous a attrapé ! Bref on a quand même réussi à entrer et on a dansé 1h30 (oui ça ferme à 3h) avec trois orteils en moins certes, mais sur de bonnes tounes. La prochaine fois, prévoir d’arriver à 11h, acheter des orteils de rechange et boire un peu plus avant ! Pas encore bien calé sur le rythme québécois.

Dimanche : Promenade au Mont Tremblant.

Après 5h de sommeil pas très réparateur, nous sommes partis tous les trois pour le Mont Tremblant. Quand on aime on compte pas.. Enfin si… On compte quand même les heures de sommeil, surtout quand elles tiennent sur les doigts d’une main. Belle ballade. On a pris les œufs pour monter depuis le village jusqu’en bas des pistes et de là on est parti pour l’ascension du Mont Tremblant ! Enfin plutôt pour l’ascension de la première des 50 collines avant le Mont Tremblant. Je vous laisse regarder les photos de cette ballade. C’était super beau, grand ciel bleu, neige, et biches pas très farouches. Ah oui j’oubliais aussi un beau gadin sur la glace. Du style, très discret, je m’avance doucement pour prendre en photo les biches, en prenant mille précautions pour ne pas les effrayer et là sous la neige, le traître, le rocher glissant… et vlan la tronche dans la neige, étalé de tout mon long, l’appareil photo à la main. Bon ben c’est raté pour la discrétion. Je passe aussi sur les tentatives de descente en luge sur des pistes bourrées de cailloux. Je pense que les fesses de Delphine s’en souviennent mais comment calmer une « lugeophile » en manque. Bref, une très bonne journée au grand air, dans la neige. Encore !!

Fred qui va recompter ses orteils !

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25 novembre 2005

Il a neigé tout yesterday ♪

Eh oui comme le chantait (approximativement) cette chère Marie Laforêt, il a neigé tout yesterday. Bon je vais pas vous la faire chaque fois parce que j’ai pas fini. Mais bon, hier on a eu droit à de magnifiques chutes de neige (peanuts encore une fois selon les locaux) avec du vent et tout et tout. Je plaisante avec le climat, mais il faut avouer que c’est vraiment très beau quand le vent se lève et que toute la neige tournoie. Puis tout est blanc, le soir avec les couchés de soleil... bref c’est beau. Et aujourd’hui, même s’il ne neige plus vraiment, ça tient bien au sol. Quand je dis, ça tient bien au sol, je parle de la neige, pas de moi, parce que moi, je tiens pas vraiment bien. En même temps, ce n’est pas très étonnant que ça tienne : -10°C au thermomètre (ouh c’est pas beaucoup ça, vous devez couver une petite grippe mon bon monsieur) et la fameuse température ressentie de -21°C. Et comme mon labo est en pleine campagne, au milieu des champs, en plein vent… je peux vous dire qu’on les ressent bien les –21°C. Etrangement j’ai énormément diminué ma consommation de cigarettes. Faut dire que les mitaines c’est pas pratique pour fumer. 3/4 clopes dans la journée, qui dit mieux. Et oui, pas besoin de patch ou de zyban, juste un –21°C dans la face et ça vous coupe toute envie. Ce qui veut dire aussi que ça y est, je me suis déguisé pour de bon.

Mesdames et messieurs, voici notre nouvelle collection hiver-hiver 2006…

Vous pouvez admirer tout d’abord Frédéric qui porte d’élégantes chaussures de marche montantes avec protections latérales, totalement imperméables et assurant un confort du pied jusqu’à –30°C.

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Equipé d’une doudoune thermo-dermo-imperméable, Frédéric peut affronter sans crainte la rudesse de l’hiver. Un coup de vent, une bourrasque… rien de plus simple. Cette doudoune est équipée de multiples cordons permettant d’assurer une parfaire étanchéité au vent.

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Doublée d’une veste en polaire, démontable, cette doudoune permet aussi de s’adapter à une gamme de températures très large.

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Et car la tête est une cause majeure de la perte de chaleur (35-50%), cette doudoune est aussi équipée d’une capuche totalement démontable offrant à la fois, confort, protection et chaleur.

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Mais on le sait, la mode n’est rien sans l’accessoire. Reflet de la personnalité, élégance poussée à l’extrême ou extravagance marquant votre grain de folie, cette collection ne serait pas complète sans un foulard, une tuque et des mitaines. Alors pour vous, nos créateurs ont encore une fois fait preuve d’une grande originalité. Admirez plutôt la finesse de la maille de la tuque, le mélange osé des couleurs du foulard et le raffinement des mitaines.

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Merci à ma photographe de mode!! Delphine qui a eu le courage de quitter ses gants pour prendre les photos!

Sinon pour ceux qui ont cherché les titres des films d’un de mes précédents messages, voici les réponses :

Film de peur : Scary Movie

Rapides et Dangereux : Fast and Furious

Une jolie femme : Pretty Woman

La chambre forte : Panic Room

Facile mais les suivants vont se corser!!

Fred fashion victim du froid.

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23 novembre 2005

Leçon de météorologie, aujourd’hui : Le facteur vent

C’est quoi cette affaire de facteur vent. Parce que le froid ne suffit plus maintenant, il faut que le vent vienne s’en mêler ! Pour être clair, aujourd’hui ils annoncent -7°C. Mais à ça il faut ajouter le facteur vent. C’est-à-dire qu’on a des chances (moi je dirais plutôt des risques) d’atteindre la sensation d’un -15°C. On m’avait pas prévenu.

Voici l’explication, commentée, de Monsieur Météo Média :

Facteur éolien

Les êtres vivants sont sensibles à la présence du vent. (Et les garçons sensibles vivants le sont ils plus que les êtres vivants ?) L'été, en période de canicule, on a tous déjà souhaité qu'une brise légère vienne rafraîchir l'air environnant. (oui mais là on est en hiver ducon, alors t’arrêtes de faire rêver le monde.)

Les manifestations du Dieu Éole (m’en fous, chuis athée) ne sont toutefois pas toujours bienvenues durant la saison hivernale car le vent nous donne l'impression qu'il fait plus froid que le mercure ne l'indique (je me lève et je confirme. Ceci étant je ne vois pas le rapport entre le froid et mon chat Mercure (oui pour ceux qui ne le savaient pas, mon chat s’appelle Mercure)). On parle alors de facteur de refroidissement éolien, lequel est calculé en combinant la température de l'air à la vélocité des vents (férocité, pas vélocité). Ce calcul nous permet d'obtenir une lecture de la température ressentie par un être humain en présence de temps froid et venteux. En fait, le facteur de refroidissement éolien mesure la rapidité à laquelle le corps humain perd sa chaleur lorsqu'il est exposé au vent. Il a été créé dans le but de réduire les risques d'hypothermie, d'engelure et autres dangers reliés au froid (merci beaucoup, ça rassure). Consulter le facteur de refroidissement éolien avant de sortir nous permet de se vêtir adéquatement pour profiter pleinement des plaisirs de l'hiver (tu parles d’un plaisir toi ! Galoper dans la neige, les pieds mouillés, sous un vent à décorner les bœufs… J’aimais déjà pas le sport l’été alors l’hiver… Et puis je voudrais pas jouer au maudit français mais j’aurais dit : nous permet de nous vêtir de manière adéquate… C’est le côté prof qui ressort).

Formule (attention, c’est scientifique, voici la formule alibi, c’est donc du sérieux)

T(FRÉ) = 13.12 + 0.6215 * T - 11.37 * V0.16 + 0.3965 * T * V0.16

Où : T(FRÉ) est la température équivalente en degrés Celsius, V est la vitesse du vent en km/h mesurée à 10m de hauteur (ben tiens, je vais me balader avec des échasses sur la glace), T est la température de l'air en degrés Celsius.

Tableau de conversion

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La température équivalente a été créée pour les êtres vivants (quel est le con qui a inventé ça ? Il l’aurait pas inventé, on ne le saurait pas et l’ignorance empêche bien des souffrances…Vive le créationnisme, à mort Darwin !)

En situation normale, notre température corporelle se maintient à 37,2°C. Lorsqu'il n'y a pas de mouvement de l'air, la chaleur dégagée par notre corps réchauffe la couche d'air à la superficie de la peau. C'est le vent qui chasse continuellement cette couche d'air chaud et la remplace par de l'air plus froid qui nous fait ressentir une température (la température équivalente) plus basse que la température réelle de l'air ambiant; le corps doit continuellement compenser cette perte de chaleur pour maintenir la température corporelle à son niveau normal (j’ai trouvé la preuve scientifique qui me permet de continuer à bouffer gras. Elle est pas belle la vie).

La température équivalente n'a donc de sens que pour les êtres vivants puisque tous les objets inanimés (avez-vous donc une âme) ne génèrent pas de chaleur et n'ont donc pas à compenser cette perte de chaleur essentielle à la vie. (J’entrevoie une solution. Si je suis mort, plus de problème !! C’est peut-être un peu radical, non ?) La température d'un thermomètre que l'on exposerait (au vent) par la fenêtre d'une voiture en mouvement ne serait par exemple aucunement différente de celle enregistrée dans les mêmes conditions, mais à l'arrêt; le mouvement de l'air autour du thermomètre n'influence pas la température de celui-ci. (Oui mais est ce que le mouvement du thermomètre dans l’air influence la température de la voiture ? C’est pas rigoureux tout ça.)

Il faut prendre en considération que le facteur de refroidissement éolien n'est qu'un indice et que la température ressentie peut varier en fonction du réchauffement solaire, de l'humidité, de la façon dont nous sommes vêtus (déguisés vous voulez dire ? Parce que moi je ne suis pas habillé pour l’hiver mais déguisé pour l’hiver) et du fait que nous soyons immobiles ou en activité.

Fred, météorologue dans le vent

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21 novembre 2005

« Pack de lait » et « Poulet en fuite »

Alors, pack de lait, oui pack de lait. Si j’avais dû trouver un autre titre j’aurais dit inadapté. Encore et toujours, je découvre tous les jours plein de trucs et parfois je me sens vraiment inadapté. Bref, samedi soir je suis allé manger chez Catherine. Au passage, très bonne soirée et (je sens que je vais encore avoir droit à des commentaires sur le fait que je ne parle que de bouffe, mais on ne se refait pas) le repas était excellent. Au cours du repas, je vois passer une carafe contenant un sac en plastique rempli de lait. Et là je fais la réflexion fatale… « C’est marrant dans le supermarché où je vais ils vendent des sacs de lait de 4 ou 5 litres. Ca doit pas être pratique. J’en ai parlé au boulot et ils m’ont dit qu’au contraire c’était pratique. Ils avaient l’air surpris que je pose la question. Et ils m’ont même dit qu’il vendaient les carafes faites pour. Mais j’ai beau regardé, j’ai jamais vu de carafes de 5 litres. Et je persiste à dire que s’enfiler 5 litres en une semaine, faut être une famille nombreuse… » Et là Catherine et Tania explosent de rire. Et elles m’expliquent que dans les gros sachets, il y a plusieurs petits sachets individuels !!! Oui un peu comme les éco-recharge de lessive. Et voilà, j’ai encore perdu l’occasion de fermer ma gueule. Au boulot ils ont du me prendre pour un gros épais (comme on dit ici). Et comme dit Sylvie Joly « Une française à l’étranger ne doit pas être médiocre. En tout cas moi je ne le pourrais pas ». Bon ben pour moi, c’est raté. Pas grave, je m’autoproclame Candide officiel et continuerai à vous faire part de mes étonnements quotidiens.

Sinon grâce à Catherine qui m’a accompagné en voiture dans ma quête, j’ai enfin la télévision chez moi. Est-ce une bonne idée ? Je ne sais pas… Disons que l’hiver arrivant, je me prépare à l’hibernation et à vivre en autosuffisance. Bref, après un petit jeu très sympa : « faire rentrer une télé dans une Honda Civic qui contient déjà 4 personnes », j’ai pu admirer mon premier programme télé. Et je crois que j’ai la réponse, non ce n’est pas une bonne idée d’avoir pris une télé. Je vais la ramener! Tu fais quoi dimanche prochain Catherine ???

Radio Canada : « Dans quelques instants, retrouvez votre film de l’après-midi « Poulet en fuite ». Poulet en fuite ??? Qu’est ce que c’est que ça ? Je vous le donne en mille : « Chicken run » !! Ca fait bizarre. Je savais qu’ils traduisaient la plus part des titres mais là, quand même, ça surprend. Enfin, quand je dis que j’ai vu Poulet en fuite, en réalité, je suis resté 50 minutes devant la télé et j’ai dû voir 30 minutes de film. Eh oui : 15min de film, 10 min de pubs, 15min de film, 10min de pubs. La pub n’est plus destinée à la pause pipi. Ici c’est un problème d’incontinence mercantile. Vive le DVD!!

Donc, dans la série traduction de titres, il y avait déjà « Fiction Pulpeuse » pour Pulp Fiction et « Mon fantôme d’amour » pour Ghost dont Emily avait parlé. En voici quelques unes que je vous laisse deviner :

Film de peur :??

Rapides et Dangereux :??

Une jolie femme :??

La chambre forte :??

Bon, ils ne sont pas très difficiles mais je vous en réserve quelques uns pour bientôt, qui vont, je pense, vous faire réfléchir un moment.

Fred, non traduit, non traduisible, non adapté

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19 novembre 2005

Ma vie est un fiasco, c’est John qui l’a dit.

Que c’est triste Montréal en novembre…Je savais que Capri c’était fini, que Venise c’était triste au temps des amours mortes et que Paris était pour la moi la terre promise mais là… « Moi je vous l’dis ma p’tite dame, y’a pu de saison. Faut dire aussi qu’avec tout c’qui senvoient dans l’ciel, tous ces satellites et ces fusées. Ca dérègle tout. »

Bref, il pleut, il neige, il fait soleil, le thermomètre passe aléatoirement de –5 à + 14°C. Le ciel a une facheuse tendance à virer au gris-noir, la nuit tombe à 16h30 !! Un bonheur. Vivement qu’il neige pour de bon. Qu’on ne parle plus de cette grisaille. J’ai l’impression d’être en Touraine en ce moment.

Heureusement, il y a les amis. Enfin je dis ça… Mardi, alors qu’il avait neigé toute la journée et que vers 18h, la neige s’était transformée en pluie dans le ciel et en bouillasse glissante sur le sol, j’ai bravé les intempéries pour aller manger chez John et Maïté. Bon d’accord j’en rajoute, j’ai pris le métro puis j’ai marché sur 500 mètres pour aller chez eux mais quand même, 500 mètres sous la pluie et les pieds dans le neige fondue. Et tout ça pour quoi, me direz vous, pour aller manger des légumes, des racines, des trucs qui poussent dans la terre. C’est sale la terre, faut leur dire aux végétariens… Heureusement qu’ils sont sympas. Enfin, je disais ça jusqu’à ce que John m’offre un livre en me disant que ça me correspondait, qu’il pensait que j’allais aimer, que le style… patin couffin. Le titre : « Fiasco », le résumé : « Qui peut se vanter d’avoir gâché sa vie de A à Z ? C’est la question que se pose non sans orgueil le héros de Fiasco. N’ayant pu devenir quelqu’un, il va concentrer toutes ses énergies à cette unique tâche, moins aisée qu’on ne croit : n’être rien». Je ne sais pas comment je dois le prendre…

johnmaiteetmoi1

Bon plus sérieusement, on a très bien mangé, salade de carottes râpées avec morceaux d’oranges et noix de pécan grillées, roulé de légumes et gâteau à l’érable et glace. On a passé une excellente soirée.

Fred ou le destin raté d’un homme

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18 novembre 2005

Keskizonkonapa 2ième

1)      Des tables pour changer les bébés dans les toilettes pour hommes… Oui, là j’ai honte car, bien imprégné des mes us et coutumes latins, je suis rentré dans les toilettes et là j’ai aperçu la table en question et je me suis dit, l’espace d’une seconde : « mince, t’es chez les femmes… » Ben à moins que les femmes utilisent des urinoirs (ce qui s’est déjà vu, n’est ce pas….), j’étais bien dans les toilettes pour hommes. Et depuis je l’ai vu à plusieurs reprises. Messieurs les français, à vos tables, prêt, langez…

2)      Des cafés que même une cafetière française en panne ou une cafetière italienne morte ne pourrait pas faire. C’est vaguement marron et ça se boit au demi litre. En même temps boire un demi litre d’expresso, c’est pas conseillé. Ceci étant, ils ont aussi des expressos (ou expressis si c’est comme spaghettis) mais c’est bizarre, ils ont quand même comme un goût de brûlé auquel on est pas habitué.

3)      Des caribous et des orignaux… enfin c’est ce qu’ils disent parce que moi j’en ai pas vu un seul depuis que je suis ici. Et c’est pas faute de traîner dans Montréal du matin au soir. C’est quand même étrange ça. Moi je serais un caribou, conscient de ma réputation universelle, je serais le premier à me pavaner dans la ville, à fréquenter les endroits chics, à faire des photos avec les touristes pour me faire de la tune… Bref Louis, José, je vais mener l’enquête. Ca demande vérification tout ça. J’ai l’impression qu’on se moque de moi. Le caribou, je sens que c’est le dahu local.

4)      Des Jean Coutu… Mais qu’est ce que c’est un Jean Coutu ? Ben je sais pas trop. Ici ils disent Jean Coutu, l’épicier. Alors je suis rentré dedans pour dire bonjour à l’épicier. Mais en fait, ce sont de grosses boutiques qui poussent un peu partout dans la ville et dans lesquelles on trouve essentiellement des produits cosmétiques, des produits de parapharmacie, mais aussi une vraie pharmacie et puis une ribambelle de choses qui vont de la boite de conserve au tee-shirt en passant par les déguisements pour halloween, les plaquettes de chocolat, j’en passe et des meilleures. Et le top du top, je ne l’invente pas, c’est écrit dessus comme le port salut : « Chez Jean Coutu, tu trouves de tout même un ami ». Ils avaient dû épuiser le stock parce que j’ai pas trouvé le mien. Pas grave, je repasserai.

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Fred qui a tout ça pour quelques temps encore

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15 novembre 2005

Tout petit avant goût

Voilà juste un petit mot pour vous dire qu'il neige depuis ce matin!! Bon les gens du coin vous diront que ce n'est rien, bien entendu (à croire que leur grand plaisir c'est de vous faire systématiquement peur en évoquant, sourire aux lèvres, les températures inhumaines de l’hiver et les tempêtes de neige monumentales dès qu'ils rencontrent un étranger). Mais pour vous donner une idée... avec ce qu'il est tombé depuis ce matin, une ville comme Montpellier est totalement bloquée, voitures en travers, saleuses et compagnie. Ici c’est juste un avant goût très dilué de ce qui m’attend. Quelques centimètres, tout au plus. Je m'inquiète pour cet hiver! Mais en attendant, j’ai 10 ans et j’ai envie d’aller jouer dehors ! Fais chier d’être un adulte.

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Fred, le nez collé contre la fenêtre

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Grasse Poutine entre AMIS

Mouais bon d’accord, le jeu de mot est plus que limite mais je me tape un mal de crane du tonnerre aujourd’hui qui m’empêche de trop réfléchir. Et puis j’ai bien tenté le Vladimir Poutine mais je ne suis pas convaincu de l’efficacité du jeu de mot.

Samedi après midi, après une fabuleuse séance de récurage de salle de bain (j’adore ces avilissantes taches domestiques, en même temps quand on voit la taille de ma salle de bain, le nettoyage, même approfondie, est rapide) et Laurence étant revenue de son excursion sur les terres françaises, nous nous sommes retrouvés dans le repère de Madame (Le lounge Chocolaterie) avec Delphine (sa belle sœur), John et Maïté pour une dégustation de chocolat. Bon j’avoue, c’est moi qui ait été le moins raisonnable. Mais la raison n’a rien à voir avec le chocolat. C’est une question de pulsion, voire d’hormones. Mais ce qui, au départ, devait être une simple fin d’après midi, c’est transformée, sous l’impulsion de John, pris d’une soudaine envie de frites, en une dégustation de poutine. Ma première poutine. J’ai été intronisé !

Alors… la poutine :

Disposez dans une assiette une bonne quantité de frites bien grasses, rôties et molles, ajoutez un peu de fromage en grain qui fait pouic pouic sous la dent (si, si), arrosez le tout d’une bonne quantité de sauce Gravy (ou sauce brune) et dégustez. Bon d’accord, ça a l’air écœurant comme ça mais, si on ferme les yeux, c’est super bon. On est d’accord, c’est pas de la grande cuisine, il est loin le temps du carré d’agneau aux cèpes, mais c’est très bon quand même. Et puis l’hiver, ça tient au corps et ça je suis en train de comprendre.

poutine02

Qui plus est, comme la crêpe ou la pizza, la poutine se décline en diverses variétés : végétarienne, italienne… J’attends la Salardaise avec gésier et confit de canard. Je vais attendre longtemps, je pense. Et comme rien ne m’arrête, je vais encore tester quelques spécialités locales toutes conçues, je pense, pour permettre à l’Homme de résister au froid et apporter au corps, les calories nécessaires mais aussi superflues pour -sur-vivre par –30°C. Au programme fèves au lard, pâté chinois, queue de castor, j’en passe et des plus grasses !

Sinon le bénévolat c’est fini. Au revoir vieilles harpies ! Adieu VIP agressifs... Dimanche soir c’était la fin du festival Cinémania avec en guess stars Dominique Besnéhard et Elsa Zylberstein. Et surtout le moment de gloire des bénévoles ! Oui nous avons été présentés à la salle et nous avons défilé sous les applaudissements nourris d’un public en délire. Bon j’exagère peut être un peu pour le public en délire, mais les applaudissements étaient là. Tous en rang d’oignon avec nos beaux tee-shirts noir et argent, très classes, tout en strass et paillettes, tout en glamour. En tout cas c’était très sympa comme expérience. A renouveler mais après une bonne cure de sommeil.

Fred poutinomane

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14 novembre 2005

Keskizonkonapa 1ère

Keskizonkonapa

Erratum : Pour les puristes et les adeptes des dictées de Bernard Pivot, il fallait lire :Qu’ont-ils ici que nous n’ayons pas en France ?

C’est vrai quoi… A quoi ça sert de se taper des démarches administratives sans fin, des déménagements et des heures de vol (au sens propre, pas au figuré merci) si c’est pour retrouver la même chose ici. Bon certes, ça va être dur parfois, je pense que je vais occasionnellement céder à la tentation et vous parler de choses qu’ils ont et dont je me passerais bien.

Au passage j’ai pris conscience que le « tu m’étonnes » couramment employé en France pour marquer l’approbation, la compassion (voire) n’a aucun sens. Eh oui, on y pense pas mais c’est important. J’en ai fait les frais lorsque j’ai répondu ça à un québécois qui m’a demandé pourquoi ça m’étonnais. Ben oui c’est vrai ça, pourquoi ça m’étonne ? Mais bon pour contrebalancer, leur équivalent vaut finalement le notre puisque ici on dit : « mets-en » pour « en effet ».

Keskizonkonapa 1ère

1)      Des laveuses (lave-linge), des sécheuses (sèche-linge), des poêles (gazinière) et des frigos immenses. Je sais pas si ils bouffent beaucoup ou si ils se salissent énormément mais c’est ENORME.

2)      Des écureuils dans les parcs qui se promènent à coté de vous. Bon normalement, on ne doit pas les nourrir car on modifie leurs habitudes alimentaires et l’hiver venu, ils peuvent en souffrir quand personne ne leur donne plus à manger. En plus, on perturbe la régulation naturelle de l’espèce et puis comme parfois certains sont porteurs de maladies et qu’ils peuvent mordre, bla bla bla (là je résume le panneau que j’ai lu sur le Mont Royal). Ceci étant et comme tout bon touriste ou immigrant fraîchement arrivé, c’est tellement sympa de leur donner des caouettes et de les voir venir les chercher dans votre main. Qu’il est mimi le piti nécureuil !!

3)     Des dépanneurs (en québécois dans le mot), sortes d’épiceries de nuits où l’on trouve essentiellement 20 variétés de bières, des cigarettes, et quelques produits de base, mais alors de base. Il doit y en avoir un à chaque coin de rue.

4)      Des dentistes, certes comme partout ou presque, mais aussi des denturologistes (oui mon cher Jean-Phi, ici tu serais denturologiste et non prothésiste dentaire).

5)      Des bagels … alors au passage, à tester, Bagels Saint Viateur ou Beaubien Bagels ou encore Fairmount Bagel. C’est trop bon. Nature ou pas, garni ou non… un bonheur !! Bon par contre faut pas regarder à la dépense, non plutôt au gain en ce qui concerne les calories puisqu’il semble que : 1 bagel = 7 tranches de pain de mie (info : laurence.diet.je_l_ai_lu_quelque_part.qc.ca, le site est en travaux !!).

6)      Des fenêtres sans volet. A croire qu’il n’y a que les français qui ont des volets pour la nuit!! (bon ça, on peut le classer dans la case critique ou différence pas enviable)

7)      Des Whippets, parce que c’est trop bon les Whippets (cf mon frigo).

8)      Des grosses voitures qui font passer les smarts pour des poussettes de prématurés. Ils ont aussi des smarts mais c'est ridicule ici.

9)      Des vrais hamburgers avec de vrais steaks hachés dedans et puis des oignons et de la relish et tout plein de trucs super bons !! Le tout servi sur une assiette tellement on dirait de la vraie nourriture. Bon ils ont aussi des Mac-Do mais à coté ça fait pauvre.

10)  Des grands parcs super agréables où on a le droit de marcher et de s’allonger sur la pelouse. Et éventuellement de voir des écureuils farfouiller dans votre sac alors que vous somnolez. Et pas des parc avec des fausses montagnes en béton !!

Fred qui a tout ça pour quelques temps

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